VINEUIL SPORTS BASKET

interview greg chevallier

Grégory Chevallier: « J’ai tout fait pour gagner ma place »

Après avoir fait ses premiers pas au tennis puis le handball, c’est comme basketteur que Greg Chevallier s’épanouit aujourd’hui à Vineuil en N3 depuis maintenant 8 ans. Pour Actusport41, il a accepté de répondre à nos questions en exclusivité.
La période où tu pratiquais le tennis reste ancrée en toi.
Oui, j’ai fait du tennis pendant 10 ans en banlieue parisienne. Je faisais d’ailleurs partie des 2 meilleurs de la ligue du Val-d’Oise. Je m’entraînais 3, 4 fois par semaine dans mon club qui était à Sarcelles et 2 entraînements physiques avec la ligue. Ça a duré 9 ans puis après j’ai un peu levé le pied. J’ai également pratiqué le handball 1 an.
Passer d’un sport individuel à un sport collectif demande une certaine adaptation.
Pour m’a part, ça c’est très bien passé car tu n’es plus seul sur le terrain. Au tennis si tu es mauvais il n’y a que toi alors que dans un sport collectif, si tu fais pas le poids, le coach te sort!
Rafael Nadal qui remporte Roland Garros face à Novak Djokovic. En terre battue, l’espagnol est indétrônable…
Nadal est vraiment très fort sur terre mais j’ai une préférence pour Djokovic. Il est tellement complet dans son jeu.
Quels sont les points que tu devais absolument remédier pour rattraper le retard et ceux dont tu as bénéficié qui t’ont donné un avantage indéniable afin de t’exprimer ?
J’ai commencé le basket à 16 ans, j’étais nul! Je savais juste courir. Je ne savais pas dribbler ni shooter mais j’étais grand et j’aimais ça. Avec de la persévérance et du travail, l’évolution a été assez rapide.
À l’ADA, tu évolues en R1 dans une équipe prometteuse mais c’est à Vineuil où tu prends du galon.
Quand je suis arrivé à l’ADA, je venais de faire une saison à Meung-sur-Loire en départemental et une à Ingres en R2 et DM1. J’ai débarqué à Blois en R3 et c’est Fabrice Bonamy qui m’a accueilli. J’étais très en dessous des joueurs mais ma taille m’a vraiment aidé. Dès la première année, je faisais des séances avec la R1 où évoluait déjà Christ Atepou. J’ai eu la chance d’être pris pour les matchs même si je ne rentrais pas. Cela ne m’empêchait pas de prendre plaisir.
Quand tu étais sur le banc, tu n’as jamais baissé les bras alors que d’autres n’auraient pas tenu.
Oui c’est sûr. Il y en a plein qui n’accepterait pas d’être sur le banc mais moi, ça me motivait encore plus pour gagner ma place. Après, c’est normal car c’était mon rôle, j’étais le 10eme joueur.
On s’entend très bien même si des fois, il y a des prises de têtes mais ça va durer 10 minutes et après c’est fini.
G.C
Pourquoi as-tu accepté le challenge de Vineuil?
Christophe Ivars coach à l’époque m’avait contacté pour que je vienne jouer là-bas mais j’avais envie de faire une dernière saison à l’ADA avec Nicolas Darbily et Benjamin Girault de très bons amis. J’ai eu la chance que Christophe me recontacte l’année suivante et là, je n’ai pas hésité. Lors de mes premières années en N3, je ne jouais pas beaucoup. J’étais derrière Moise Camara dans les rotations, mais travailler avec lui m’a vraiment aidé. Au fur et à mesure, on me donnait un peu plus de temps de jeu.
MATCH DE PRÉSAISON: ADA-VINEUIL
Ton jeu est à l’image des intérieurs combatifs c’est-à-dire physique et athlétique. Tu n’as jamais cessé de travailler tes gestes et les automatismes pour performer.
Oui, encore aujourd’hui, Ben Groisil nous fait travailler les mouvements d’intérieur. C’est sûr que ça aide.
Comment tu vis ton rôle dans cet effectif ?
J’essaie de faire le maximum pour apporter mon expérience et ma sérénité même si parfois, je râle (rire). Mais je fais tout pour me canaliser.
Vous êtes une bande d’amis avant d’être des coéquipiers sur le terrain. Cette cohésion est bénéfique pour la bonne ambiance et surtout pour obtenir des bons résultats.
Oui complètement! Les gars sont vraiment cool. On s’entends très bien même si des fois, il y a des prises de têtes mais ça va durer 10 minutes et après c’est fini. Je pense que la cohésion de notre équipe nous a fait gagner quelques matchs. On est très soudés surtout pour boire un coup (rire).
Il est difficile de faire preuve de régularité mais tu arrives à l’entretenir…
(Réflexion) Je pense que l’entrainement même si on n’en fait que deux dans la semaine et avoir une bonne condition m’aident à être constant ainsi que mes coéquipiers. Ce sont eux qui me font les passes….
La saison a bien commencé.
Nous avons perdu le premier match de peu contre l’équipe de Saint Laurent qui était première l’année dernière. Nous sommes à 3 victoires mais cela va être compliqué avec la situation sanitaire que l’on vit en ce moment. On ne sait pas quand nous pourrons rejouer.
Habitué à évoluer en N3, tu penses que tu aurais largement pu être au dessus en N2 voire N1?
Huit ans quand même en N3 c’est sûr que c’est long! Je me dis que j’aurais pu faire partie d’un effectif en N2, jouer quelques minutes après je ne peux pas me prononcer. Je n’ai jamais tenté de partir de Vineuil. Avec le recul, je pense que si j’avais commencé le basket plus tôt, j’aurais peut-être pu jouer à un niveau plus haut.
Un dernier mot pour conclure
J’espère que la saison va pouvoir se finir et que cette crise sanitaire soit derrière nous. Faite attention à vous et vos familles et n’hésitez pas à venir nous voir jouer à Vineuil.
 
Crédits: Nguyen Photographies

alan moutinho

Alan Moutinho: « Il est important d’être sur la même longueur d’onde »

Formé à l’ADA, après un long passage aux Montils avant de s’exiler du côté de Dax à l’Union Sportive Saint-Cricquoise, Alan Moutinho est de retour depuis bientôt 2 ans mais cette fois-ci dans la peau de l’entraineur des U15 et des séniors féminines de l’Agglo Basket 41 (PNF). Il a accepté de répondre à nos questions en exclu sur Actusport41.
Entrainer était pour toi une nécessité voire une vocation?
A partir de cadet France à l’ADA, j’ai pris conscience que l’entraînement est la clé de la réussite sportive et ceci quel que soit son physique. J’ai donc décidé de transmettre cette passion pour l’entraînement et la rigueur que cela demande pour pouvoir atteindre le potentiel de chacun. Les valeurs que je défends sont transversales avec celle de la vie: Abnégation, respect et passion.
Si on arrive avec son basket et ses ambitions, il est possible que le message ne passe pas auprès des joueuses
A. MOUTINHO
 
L’expérience est indéniable pour avoir une légitimité auprès de tes joueuses. Essaies-tu de leur inculquer ta vision du basket ou tu t’adaptes tout simplement ?
Quand on arrive dans une équipe en tant que qu’entraîneur, il me semble que l’on doit s’adapter à notre effectif. Si l’on arrive avec son basket et ses ambitions, il est possible que le message ne passe pas auprès des joueurs ou joueuses. Après évaluation de l’effectif: taille, qualités techniques et tactiques, je monte le projet que je propose à l’équipe. Car le basket ou le sport en général est une histoire de collaboration entre tous les acteurs. Il est important que l’on soit tous sur la même longueur d’onde.
Quelles sont les difficultés rencontrées ?
En PNF la difficulté principale est la gestion des joueuses, celles-ci sont adultes et ne vivent pas du basket. C’est important de le prendre en compte car elles viennent à l’entraînement après une journée de travail pour décompresser et surtout ne pas se prendre la tête avec des choses compliquées. La deuxième difficulté, vient de l’entente qui constitue l’Agglo Basket 41, 3 clubs qui forment l’élite feminin du basket sur Blois mais pourtant aucun lien n’est fait entre elles. Les jeunes aimeraient pouvoir supporter les autres équipes mais il est rare qu’elles jouent dans le même gymnase. C’est handicapant dans la construction d’une identité, d’un club. Aujourd’hui, j’entraîne la PNF et les U15F région. 5 entraînements par semaine dans 4 gymnases différents.
Avoir une équipe U15 et des séniors te permet d’élargir tes choix pour l’avenir ?
L’année passée j’ai eu les U13F région et nous avons fait une très bonne saison, l’idée est de les suivre afin de leur inculquer les bonnes méthodes de travail pour réussir à atteindre un niveau intéressant plus tard. Si le pont U15 – séniors n’est pas vraiment réalisable pour le moment, il est sur qu’arriver en U18, certaines pourront déjà intégrer les entrainements séniors de manière ponctuelle, ce qui est intéressant pour ajouter la dimension physique du jeu. A l’heure actuelle, j’ai fait appel à une ancienne joueuse que j’ai eue il y a quelques années pour l’équipe de PNF alors qu’elle n’a que 16 ans. C’est ce genre de transition qui sera intéressant à l’avenir pour que l’Agglo Basket 41 puisse continuer d’avancer et ne se contente pas de stagner comme c’est le cas depuis des années.

interview Ben groisil

Benoît Groisil: « J’essaie d’être le meilleur possible et le plus juste »

L’enfant du club de Vineuil, Benoît Groisil est à la tête de la NM3 depuis 4 ans. Impliqué et méticuleux, il a accepté de répondre pour la première fois à nos questions sur Actusport41
Ton arrivée à la tête de la NM3 était une suite logique ?
Oui depuis que j’ai 16 ans j’entraîne et j’ai fait mes armes au fil du temps. D’abord, les poussines avec ma petite sœur, Ombeline, les U13, les U15 suivi des cadets régions, les séniors départementales puis la PNM 3 ans et enfin la NM3 depuis 4 ans. Sans oublier que j’ai pris les filles en PNF (2 ans) mais malheureusement je ne pense pas avoir fait du bon travail, c’était différent. Je dirais même que je n’ai pas été bon…
Tu t’es aussi essayé au foot ?
Oui je suis pas né dans le basket. C’est mon frère Max qui en faisait et il m’a convaincu. A 14 ans, j’ai débarqué au basket après 8 ans de foot.
Quelles qualités as-tu gardé du ballon rond ?
Une très bonne coordination, l’esprit d’équipe, le goût de l’effort et une qualité que j’adore, c’est entretenir l’endurance.
Rapidement, tu t’es forgé un caractère qui t’a permis de progresser au point d’atterrir avec les seniors dans la peau d’un rookie.
Dans ces moments-là, tu as celui qui arrête, qui a peur de relever le défi ou celui qui fonce. J’ai choisi évidemment la deuxième option. Mon ambition était de jouer au plus haut niveau . Pour cela, j’ai fait des sacrifices et je me suis détaché du ballon pour devenir « factor ». Mon job, consistait à défendre sur les meilleurs extérieurs et de les éteindre.
Le travail de l’ombre
Oui, je devais mettre la pression pour amener l’équipe à défendre avec moi, c’est devenu au fil du temps un « kif ». En laissant la balle aux copains, l’intégration à tout de suite été facile. Ce sont ces valeurs que je souhaite faire passer aux jeunes.
Tu as joué dans toutes les catégories.
Oui, dès ma première année en U15, Fabrice Bonamy m’a choisi pour aller en sélection avec Erwan Delourme de la génération 91. Après les cadets régions, Karim Diop m’a donné ma chance en PNM . Je m’entrainais 5 fois par semaine et je jouais deux matchs le weekend. Nous sommes ensuite montés en NM3 sous l’ère Christophe Ivars et le basket est devenu mon travail. Ainsi, c’était compliqué de jouer, j’ai donc décidé de m’arrêter pour me consacrer à plein temps au coaching.
J’éprouve un grand besoin de dépasser mes limites
B.G
Au début, tu ressentais une pression liée à ton âge ?
Je n’ai jamais eu la pression en tant que « jeune » coach. Ma philosophie de jeu était de travailler en m’inspirant de bouquins, de vidéos et avec les meilleures réflexions possibles.
Les joueurs sous tes ordres sont aussi tes amis pour la plupart. Comment tu fais la part des choses ? Comment faire preuve d’équité à long terme ?
Oui, nous sommes proches et beaucoup sont devenus des amis. Néanmoins, une fois sur le terrain chacun fait la part des choses et de mon côté j’essaie d’être le meilleur possible et le plus juste. A ce stade, l’important est la relation humaine et de s’adapter à son public. Au niveau amateur ce sont, à mon sens, les qualités requises pour réussir.
Tu as été poussé un jour à faire des choix que tu as regrettés par la suite ?
(Réflexion) On peut toujours se dire « et si » etc… Les choix que j’ai faits m’ont permis de mener la vie que j’aime. J’aurais pu rester au foot, j’aurais pu continuer à jouer au basket, mais voilà je suis bien là.
L’intransigeance à ce stade est la clé de voute ?
Intransigeance non je dirais plutôt du bon sens.
Tu es un adepte d’une défense stricte et rugueuse dès l’entame du match. Comment as-tu cultivé cette philosophie ?
Cette culture défensive fait partie de ma nature. J’éprouve un grand besoin de dépasser mes limites comme lors de mes trails de 24, 37, 75 et 127 km l’hiver dernier. J’aime sortir de ma zone de confort. Il faut demander à Greg Chevallier et Christ Atepou, quand nous étions à 1 victoire et 7 défaites (N3) il y a quelques années. Nous avons réussi à arracher notre maintien! A cette époque, on ne blaguait pas que ce soit aux entrainements ou dans les matchs
Ton modèle c’est Gregg Popovich ou Steve Kerr?
Je n’ai pas de mentor, chaque coach et chaque joueur m’ont apporté des choses. Mais entre Popovich et Kerr, je penche plus pour les Spurs
Tu mènes une vie de famille paisible qui t’apporte une sérénité…
Oui avec Laura ma compagne, nous avons eu une petite fille l’été dernier et pour moi c’est le plus important. J’aime mener une vie simple dans ma maison en campagne loin du bruit du gymnase.
Vous êtes aujourd’hui habitué à évoluer en Nm3. Un jour, tu rêverais accéder à l’étage au-dessus ?
Évoluer en NM2 à Vineuil semble compliqué d’un point de vue financier et structurel mais il y a encore beaucoup de choses à faire dans l’extra sportif qui m’intéresse beaucoup.
Vous avez recruté des jeunes joueurs cette saison. Bousculer la hiérarchie dans le 5 majeur est dans tes projets ?
Oui, je trouve d’ailleurs plus gratifiant d’amener un joueur évoluant à un niveau inférieur à exploiter davantage ses qualités à l’instant T. Puis quand ses partenaires sont fiers de lui, et bien je suis un coach ravi. La bascule se fera naturellement avec le départ en retraite de certains joueurs mais vu l’ambiance je doute que ce soit pour tout de suite. Ils sont tous en forme et nous avons encore beaucoup de choses à faire ensemble. Je parle des weekends cohésion bien sûr (rire).
Au final qu’est ce qui est difficile: entraîner ou jouer ?
C’est plus difficile de perdre en tant que coach car tu as les choix tactiques et la gestion de groupe en plus.
Un dernier mot pour conclure
Dans ce genre d’interview, tu as envie de remercier énormément de gens, je vais donc devoir les choisir et j’en citerai 5. Nathalie Fessenmeyer mon ancienne présidente qui m’as permis de prendre mon envol au club, mes 3 meneurs titulaires que j’ai coachés et avec lesquels j’ai pu avoir des échanges particuliers: Hervé Chollet (DM1), Aurélien Momy (PNM) et Pierre Brochard. Pour finir, je ne peux oublier Jean-Baptiste Leroy car nous avons des sensibilités communes dans le combat, l’esprit d’équipe et le partage.

pierre brochard

https://youtu.be/ayUqva3dZug

interview baba

Baptiste Mohamed-Vignal: « Ça fait du bien de gagner »

Première victoire en championnat pour le coach de Vineuil Baptiste Mohamed-Vignal et ses joueurs en PNM aux dépens de Touraine BC ( 75-61)
C’est un gros soulagement! Après trois matchs difficiles, on a enfin élaboré un basket intéressant et plus intense. C’était le match à prendre pour se rassurer et les gars ont assumé cette mission et bordel ça fait du bien après ces weekends compliqués ! On a réussi à se mettre vite dedans et à ne jamais baisser la tête. La défense de zone adverse nous a mis en difficulté mais notre adresse et notre percussion à l’intérieur ont fait la différence sur le dernier quart. Néanmoins, Il faut encore travailler nos systèmes de jeu et nos plans défensifs avec plus de rigueur et garder cet état d’esprit un peu plus combatif pour l’avenir.

interview simon ruet

Simon Ruet: « Je n’aurais jamais imaginé jouer à ce niveau un jour »

Capitaine de Vineuil Sport Basket en N3, l’ailier Simon Ruet a parcouru du chemin pour en arriver-là. Pour la première fois, il a accepté de répondre à nos questions sur Actusport41.
Pourquoi avoir choisi le basket ?
Quand on est petit, nous sommes dans l’imitation, parce qu’on veut faire comme les autres et ça a été mon cas. J’ai commencé par faire du judo et c’est parce que mon grand frère Thomas s’est inscrit au basket, que j’ai décidé de le suivre. Je n’ai plus jamais arrêté car j’ai trouvé dans ce sport les valeurs qui me correspondent encore aujourd’hui: le partage, le collectif, la cohésion, la solidarité et la compétition bien sûr.
C’est bien à l’ADA que tu fais tes débuts. Quels sont les premiers coachs qui t’ont donné cet amour du basket ?
Pas vraiment car j’ai découvert le basket à Vineuil puis je suis allé aux Montils, une saison avant de rejoindre le club de l’ADA Blois. J’ai eu beaucoup de coachs durant ces années et les souvenirs s’estompent, mais quelques noms reviennent à l’image de Sidate, Romain Leroy, Moctar N’Dir, Fabrice Bonamy, Damien Belliard… Si j’en ai oublié je m’en excuse… Ils m’ont tous à un moment donné, apporté quelque chose en plus pour continuer sur ma lancée.
Il y avait une bonne ambiance, avec des hauts et des bas, comme dans toutes les équipes, mais on s’entendait vraiment bien.
S.R
Tu enchaines toutes les catégories jusqu’en cadet nation où tu te frottes à de grosses équipes. Comment tu as jugé le niveau ?
C’était dur… Je fais partie des générations qui ont connu les championnats nationaux dans les catégories minimes et cadets, avant que le club n’arrête d’y inscrire ses équipes. C’était vraiment un niveau relevé. On partait en plus avec un déficit de taille, car dans notre région, les grands sont une denrée rare. Alors quand tu joues chaque week-end contre des mecs qui font deux fois ta taille, tu sais que ça va être compliqué. Malgré tout, on a réussi à faire quelques coups, on avait une structure avec 4 entraînements par semaine, ça permet de progresser.
Tu penses avoir eu le temps de jeu escompté ?
Je n’avais pas beaucoup de temps de jeu, et ce n’est jamais facile à accepter quand on est jeune. Je n’avais pas vraiment confiance en moi et ça se ressentait sur le terrain. On me donnait des minutes pour mes qualités défensives essentiellement, mais j’étais loin d’être le meilleur techniquement et encore moins athlétiquement…
Ca t’a fait mal de quitter l’ADA ?
C’était un choix difficile que j’ai pris après une très longue réflexion. Je me souviens à l’époque que je ne me plaisais plus dans le rôle que j’avais en cadet France…
Pourquoi avoir choisi les Montils ?
Mon grand frère était parti là-bas avec des copains de sa génération. Il m’a dit de venir aux entraînements en fin de saison et j’ai tout de suite accroché avec les joueurs dont Fabien Lescure, qui fut le coach de l’équipe première par la suite. Il a fallu donc montrer que j’avais le niveau et me faire une place. Mais ça n’a pas été non plus très difficile car je connaissais déjà la plupart des joueurs, et puis mon frère m’a facilement intégré.
Avec une équipe en partie formée par des joueurs de l’ADA vous avez gravi les échelons jusqu’à atteindre la R2.
Il y avait une bonne ambiance, avec des hauts et des bas, comme dans toutes les équipes, mais on s’entendait vraiment bien. C’est aussi l’esprit de compétition et l’envie de gagner chaque match qui ont permis à cette équipe de monter aussi loin. Puis au fur et à mesure des années, pour diverses raisons, nous avons perdu des joueurs et l’ambiance s’est un peu dégradée, il faut le dire. Il y a eu quelques différends, surtout lorsqu’on a été relégués de R2. Forcément, quand une équipe gagne, tout va bien, mais quand elle perd… c’est là que la cohésion est vraiment importante.
Tu as mal vécu la relégation ?
(Il réfléchit) Ca n’a pas été la saison la plus joyeuse de ma carrière. Je n’aime pas perdre, mais aussi parce que l’ambiance n’était pas bonne. Et quand tu pratiques un sport collectif, c’est difficile de rester motivé. .
Au même moment, tu commences à avoir plus de responsabilité sous la houlette de Fabien Lescure.
Oui, même si j’avais un bagage technique et tactique que je dois à ma formation à l’ADA Blois, c’est vraiment Fabien Lescure qui m’a donné confiance sur le terrain et surtout des responsabilités. Ca m’a clairement permis de hausser mon niveau de jeu et de progresser sur un autre plan c’est-à-dire l’attaque qui n’était vraiment pas mon fort.
Que fallait-il pour être plus ambitieux ?
C’est compliqué de viser plus haut parce que ça ne dépend pas que du club, ou des joueurs ou du coach. Il faut qu’il y ait une volonté commune de vouloir l’être déjà. De plus, je pense que le club n’avait pas les moyens d’être plus ambitieux et les joueurs non plus. On s’entraînait une à deux fois par semaine et on peinait à recruter des nouveaux joueurs afin d’élever le niveau y compris apporter de la taille sur le secteur intérieur. Pour être plus ambitieux, il faut tout d’abord réussir à être attractif.
Tu as senti qu’il était temps pour toi de partir pour Vineuil. Un choix mûrement réfléchi ?
Comme à l’ADA, ça a été dur de quitter les copains. En plus, j’ai été à l’origine de l’arrivée de mon petit frère Vivien et c’était un plaisir de jouer avec lui. J’ai donc contacté Benoit Groisil à la fin de cette saison. Alan Moutinho partait des Montils et ça me faisait vraiment chier de retourner en R3. C’est lors d’un tournoi de basket à l’intersaison, que finalement la machine s’est lancée. J’ai discuté avec Jean-Baptiste Leroy et Aurélien Momy qui m’ont convaincu.
A Vineuil, tu es d’abord un joueur de la PNM. Tu montres que tu as le niveau en travaillant inlassablement aux entraînements.
Bien sûr, il faut demander à mes coéquipiers J-B et Aurélien pour en attester (rire). Mais c’est surtout Benoît et tous les gars qui m’ont rapidement mis en confiance. On avait un bon niveau et une bonne ambiance par-dessus tout. C’était très facile de rester motivé pour s’entraîner et progresser.
Quelque temps après, tu fais des apparitions en N3. Tu t’attendais à cette ascension ?
Pas du tout. Je n’avais pas été appelé auparavant pour faire quelques matchs avec la N3 lorsqu’il y avait des blessés ou des absents, comme d’autres ont pu le faire. A ce moment, ça ne m’intéressait pas. Je ne me suis jamais dit que j’aurais pu jouer à ce niveau un jour. Lorsque Benoit Groisil a repris le coaching de l’équipe première, il m’a proposé d’intégrer l’effectif et j’avoue avoir été à la fois surpris et flatté.
Tu deviens par la suite capitaine dans un effectif qui compte des joueurs emblématiques. Une belle consécration?
C’est agréable de jouer avec des coéquipiers qui ont une grande expérience du basket. Avec la rigueur et le vécu de chacun, ça nous permet de constamment élever notre niveau de jeu, être précis et progresser.
Avec ce statut, tu dois être irréprochable sur le terrain.
Pas moi uniquement (rire) On se doit tous de l’être ! Il y a quand même un peu de public lors de nos rencontres et notamment des petits, des jeunes basketteurs ou futurs. Résultat, on se doit de montrer l’exemple, de présenter les valeurs de ce sport et d’avoir une bonne image afin qu’ils ne reproduisent pas de mauvais comportements plus tard. J’essaie de toujours mettre une bonne ambiance afin d’apaiser les tensions et d’amener un climat plus détendu mais non moins sérieux. C’est mon rôle, notamment au week-end de cohésion !
La N3 est un championnat fait pour toi ?
Je ne sais pas si c’est un championnat pour moi, il faudrait demander au coach pour ça ! Mais j’ai le sentiment, pour le moment, de progresser un peu plus chaque année, depuis mon arrivée. Pour le moment, je n’ai pas prévu de m’arrêter.
Par rapport à tes débuts, tu te rends compte du chemin parcouru ?
Oui, comme je le disais, je n’aurais jamais imaginé jouer à ce niveau-là un jour. Car la NM3 mine de rien, ça joue bien au basket ! Mais je pense quand même que j’ai eu de la chance, de rencontrer les bonnes personnes aux bons moments et qu’il y ait des équipes évoluant à ce niveau dans notre département. Mon travail occupant une grande partie de mon temps, je n’aurais pas pu aller chercher un club plus loin.
En parallèle, tu es élagueur. Un métier à risque qui demande un certain courage où tu dois également t’adapter au climat. Ca te forge dans la vie ?
En effet, c’est un métier qui te fait développer tant de qualités physiques que mentales. Tu as plutôt intérêt d’être solide et motivé pour tenir. Mais jusque-là, j’arrive à m’en sortir. Ca fait 6 ans que je suis élagueur, en parallèle avec le basket qui prend également du temps et de l’énergie. Sans oublier les travaux de rénovation de la maison que j’ai achetée il y a bientôt 3 ans. Ca forge tout ça, forcément!
Le basket te permet donc de décompresser ?
Oui, c’est un vrai moment de détente avec les copains. Même si c’est parfois dur de se motiver pour aller à l’entraînement le soir, en rentrant du boulot, et que Ben Groisil adore nous faire courir dans tous les sens (pour notre bien je sais coach!). Mais ça permet justement de se changer les idées, de changer de cadre et de prendre du plaisir.
Avec tes frères, vous partagez ensemble l’amour du basket. C’est facile de s’épanouir ainsi ?
Effectivement, c’est très agréable de partager la même passion, mais c’est loin d’être facile pour chacun de nous. Parce qu’on est tous des compétiteurs finalement et qu’on a tous cherché à un moment ou à un autre, encore aujourd’hui, à se comparer mutuellement. On veut gagner, être meilleur, c’est plus fort que nous. On se faisait même des matchs dans le jardin de nos parents où ils avaient installé deux paniers, l’un en face de l’autre. Les voisins doivent s’en souvenir… 
Tes parents t’ont toujours soutenu. Tu te montres gratifiant à leur égard…
Bien-sûr que je les remercie ! Avec mes frères, on est vraiment tous reconnaissant de ce qu’on fait nos parents pour nous à cette période. Quand nous jouions au basket et qu’il fallait nous trimbaler à droite et à gauche, à des horaires différents, ce n’était pas été facile pour eux. Aujourd’hui, on les excuse pour leur retard!
 
Crédits: Nguyen Photografies

interview aurélien momy

Aurélien Momy, la fidélité dans l’âme

Portrait d’Aurelien Momy désormais entraîneur de l’équipe 3 senior de Vineuil.
Qui a dit que la fidélité dans le monde du sport était une simple utopie ? Elle est rarissime mais elle demeure réelle. Aurélien Momy illustre parfaitement ce cas de figure. Alors qu’il n’a à peine 5 ans, il fait ses premiers pas dans le club de l’ADA tout d’abord puis Vineuil  Ma mère raconte souvent que j’étais dans le berceau au bord du terrain lorsqu’elle jouait, donc oui c’est arrivé assez vite. Selon mes parents, je ne voulais pas jouer sur les panneaux en plastique de mini-basket (rire). Petit à petit, une véritable alchimie se tisse avec le VSB tandis que ses parents, bénévoles invétérés, l’accompagnent dans toutes les catégories avec sa sœur et son frère On est tous passés par le basket. Avec mon frère, nous avons joué avec les jeunes en région puis en séniors et ils étaient présents. Nos samedis étaient rythmés par le basket.